Comment devenir une meilleure personne, tout en aidant le suivant? Cette question habite Nicolas Lagacé depuis un certain temps. Pour ce jeune ingénieur chimique de formation, la réponse ne s’est pas trouvée affichée sur le tableau périodique, mais bien sur un écran de téléphone, via l’application MonRezo.
Pour concrétiser son plan, il s’associe au développeur web Alex Caron. «Alex a vraiment les compétences techniques. Moi, j’ai eu, à travers ma réflexion, la vision stratégique, la vision d’avenir du projet. Ça fait que de combiner les deux, ça vient vraiment compléter le tout».
COMMENT ÇA FONCTIONNE
Lorsque quelqu’un a besoin d’aide pour le jardin et qu’une autre personne dans la localité dispose d’un peu de temps, MonRezo permet de les mettre en contact. Dans la même optique, quelqu’un qui se sent seul et qui a besoin d’une présence de quelques heures par semaine peut transmettre sa demande sur l’appli.
Le principe derrière MonRezo est que les utilisateurs accèdent à un niveau de bien-être supérieur, sans devoir payer plus. «Je veux aider les gens à faire face à la hausse du coût de la vie», affirme Nicolas. Ainsi, le citoyen n’a nullement besoin de piger dans son portefeuille pour échanger des services ou se procurer des biens. Le fonctionnement de MonRezo repose sur le crédit de temps et l’économie circulaire. «J’ai besoin de tel truc, tu en as de ton côté, on échange». Aussi simple que ça!
Ce troc se fait sous la formule «une heure contre une heure», via le système de banque de temps. «Si, je vous donne une heure, vous me versez un crédit. De cette manière-là, le temps vaut la même chose pour tout le monde», insiste Nicolas. Un mode de fonctionnement qui assure l’équité.
SOUTENIR LA COMMUNAUTÉ
C’est lorsque Nicolas et sa jeune famille décident de s’installer à Saint-Clément, un village encore méconnu pour eux, qu’ils ont vite compris l’importance de la solidarité. «C’est vraiment la valeur la plus profonde qui me pousse à faire ce genre de projet là», avoue-t-il. «Quand tu arrives à un nouvel endroit, ce n’est pas toujours évident de connaître les gens de la place. Si tu n’as pas d’amis proches, pas de famille, pas de cercle serré et tu arrives dans un nouveau milieu, comment veux-tu avoir l’aide dont tu as besoin quand tu as une jeune famille?»
En octobre 2025, Nicolas profite de son congé parental pour amorcer le projet. Pour sa part, Alex occupait ses soirées et ses fins de semaine pour parvenir à ses fins. Mais les deux comparses savent bien qu’ils ne viendront pas à bout d’une telle entreprise dans son entièreté seulement à travers leur temps libre et surtout, en pigeant dans leur cagnotte personnelle. Ils entrevoient déjà différents types de partenariats afin de trouver des sources de financement, et de faire progresser le projet.
VIVRE MIEUX SANS PAYER PLUS
Pour arriver à leurs fins, les deux coéquipiers visent les Municipalités qui pourront débourser un certain montant pour rendre l’application disponible gratuitement à leurs citoyens via une plateforme numérique personnalisée. MonRezo a été développée dans l’optique, que ce soit essentiel pour les MRC d’y investir afin de bénéficier de toutes les fonctionnalités de l’appli et, ainsi, appuyer toute une communauté dans leur quotidien.
Mais la vision des deux entrepreneurs va encore plus loin en adressant le partage des surplus alimentaires dans le but de réduire le gaspillage de façon significative. «Une personne âgée qui aime faire à manger, puis qui en fait tout le temps trop, peut redonner le surplus de cette manière-là.» Des petits plats qui, en plus de nourrir un voisin, servent à développer des liens.
Nicolas et Alex voient une possibilité de partenariat entre différents organismes communautaires. «Si je parle du Carrefour d’initiative populaire, est-ce que nous, on peut les aider d’une certaine manière pour offrir un meilleur service aux citoyens?» Nicolas donne l’exemple des frigos collectifs dont le contenu pourrait être consulté en temps réel sur l’application et permettre à l’utilisateur d’y voir ce qui pourrait l’intéresser.
L’objectif n’est pas de compétitionner le milieu communautaire, mais de développer une offre complémentaire à la mission de ces organismes. «Il est inutile de compétitionner pour, ultimement, obtenir le même résultat.»
Et la liste d’idées s’allonge au niveau du partage d’outils, d’un répertoire de logement à louer, du don de nourriture ou d’articles de toutes sortes. Évidemment, il y a aussi le troc qui permet d’échanger deux biens, sans impliquer de transfert d’argent. Toutes des actions qui contribuent à réduire la surconsommation.
L’AVENIR
Pour l’instant, la stratégie de développement de MonRezo se limite au Bas-Saint-Laurent. «C’est ici que j’habite. C’est ici que mon entourage habite. On va mettre un gros focus ici.» D’ici 5 ans, la mise en place de l’application devrait être complétée. La petite équipe de MonRezo mettra alors tous ses efforts afin d’étendre sa portée à travers la province en s’implantant au sein du plus grand nombre de MRC possible.
À travers la volonté que la société de demain subvienne à ses besoins en optant pour l’entraide locale, l’appli MonRezo ferme la porte à l’individualisme, et propose la solidarité en guise de stratégie.













